Becassine Page De Garde Grise

Ah, la Becassine! Juste en entendant ce nom, on sent déjà une bouffée de nostalgie, un parfum de crêpes au beurre et de mercredis après-midi pluvieux passés à lire des BD sous une couverture. Mais aujourd'hui, on ne va pas parler de ses aventures farfelues, non. On va parler d'un truc bien précis, bien "vintage": la fameuse page de garde grise.
Vous voyez de quoi je parle, hein? C'est cette page, souvent juste après la couverture, avant que l'histoire ne commence. Une page qui a l'air...vide. Un peu comme un dimanche après-midi sans rien de prévu, sauf que là, au lieu de déprimer, on pouvait la customiser!
Le terrain de jeu du petit gribouilleur
On va se le dire, cette page de garde grise, c'était le terrain de jeu du petit artiste en herbe. Une toile vierge où l'on pouvait lâcher son imagination, souvent avec un résultat...discutable. Genre, vous vous souvenez de ces dessins faits avec des crayons de couleur usés, où les couleurs se mélangeaient en une bouillie informe? Et bien, c'est exactement ce genre de chef-d'œuvre que l'on retrouvait souvent sur cette page !
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On pouvait y écrire son nom, bien sûr, en lettres capitales et tremblantes, genre "Martin DUBOIS". On pouvait aussi y dessiner son personnage préféré, Becassine elle-même, souvent transformée en super-héroïne avec une cape improbable et des bottes de sept lieues. Ou alors, soyons honnêtes, on griffonnait des gribouillis indéchiffrables, des sortes de motifs abstraits qui n'avaient aucun sens, mais qui nous fascinaient sur le moment.
La page de garde grise, c'était un peu comme le mur de la chambre d'un adolescent : un exutoire pour toutes nos envies créatives, un patchwork de nos passions du moment. Un mélange de dessins maladroits, de noms de groupes de musique que l'on aimait (ou que l'on prétendait aimer pour faire cool), et peut-être même quelques cœurs transpercés par des flèches (on a tous été là, ne mentez pas!).

Plus qu'une simple page
Mais au-delà de ces gribouillis, cette page de garde grise avait une autre fonction, plus subtile. C'était la page de la consécration. La page qui officialisait notre possession du livre. Une fois notre nom écrit dessus, c'était NOTRE Becassine. Personne d'autre n'avait le droit de la toucher (à part peut-être notre petit frère, et là, c'était la guerre).
On pouvait aussi y coller des autocollants, ces petites images brillantes que l'on collectionnait comme des trésors. Des autocollants de footballeurs, de voitures de course, de personnages de dessins animés... Bref, tout ce qui pouvait rendre notre Becassine encore plus unique et personnelle.

Et puis, soyons lucides, cette page servait aussi de brouillon. Un peu comme le dos d'une enveloppe sur lequel on griffonne un numéro de téléphone ou une liste de courses. On pouvait y faire des tests de stylos, des calculs mathématiques (en douce, pendant la lecture), ou même y dessiner des moustaches à Becassine pendant que notre prof nous expliquait la règle de trois.
Alors la prochaine fois que vous croiserez une vieille BD de Becassine, n'oubliez pas de jeter un coup d'œil à cette page de garde grise. Vous y trouverez peut-être un morceau de votre propre enfance, un souvenir enfoui, un sourire caché sous la poussière du temps. Et qui sait, vous y découvrirez peut-être même le chef-d'œuvre oublié d'un petit artiste qui sommeille encore en vous !
