Cahier De Sons Gs Page De Garde

Alors, mes amis, asseyez-vous, prenez un café (ou un verre de rouge, je ne juge pas!), et laissez-moi vous parler d'un truc qui a traumatisé, euh, enrichi l'enfance de nombreux Français : le Cahier de Sons GS. Oui, oui, celui-là même dont la simple mention suffit à provoquer des sueurs froides chez certains quadras.
Imaginez : vous avez 5 ans, le monde est une vaste étendue de pâte à modeler et de dinosaures en plastique. Et BAM! Votre maîtresse, avec un sourire angélique (mais oh combien trompeur), vous annonce l'arrivée du Cahier de Sons. C'est un peu comme si on vous disait que le Père Noël est en fait un contrôleur fiscal déguisé.
Mais qu'est-ce que c'est, ce truc ?
Bonne question! En gros, le Cahier de Sons, c'est un recueil d'exercices phonétiques conçu pour initier les enfants de Grande Section de maternelle (GS) à la lecture. L'idée est de leur apprendre à associer les sons aux lettres, à découper les mots en syllabes, etc. En soi, c'est une bonne idée. Sur le papier. Parce que dans la réalité...
Must Read
La page de garde, parlons-en! C'est le summum de la créativité infantile appliquée à une tâche d'une importance capitale... ou pas. On y retrouve généralement:
- Un prénom écrit avec des lettres tremblantes, dignes d'un sismographe en pleine crise.
- Un dessin de soleil souriant tellement cliché qu'il en devient presque subversif.
- Des autocollants de pirates, de princesses, ou de tout autre personnage de dessin animé à la mode. (Si vous aviez des autocollants de Batman, vous étiez le roi de la cour de récré.)
- Et, soyons honnêtes, quelques gribouillis informes qui ressemblent à une tentative ratée de communication avec une civilisation extraterrestre.
Bref, un chef-d'œuvre de spontanéité et d'approximation! On pourrait presque le comparer à un Pollock miniature, si Pollock avait passé son enfance à manger de la craie et à regarder Dora l'Exploratrice.

La magie des exercices (ou pas)
Une fois la page de garde dûment décorée (et potentiellement dégradée), on passe aux choses sérieuses : les exercices. Là, c'est le début des ennuis. Il faut colorier les images dont le nom commence par la lettre "A", entourer les mots qui contiennent le son "OU", relier les images aux syllabes correspondantes... Autant dire que c'est un vrai défi pour un enfant dont l'attention est déjà sollicitée par des choses bien plus importantes, comme savoir si le petit Kevin va partager ses billes.
Et puis, il y a ces fameuses illustrations. Des images de qualité... variable. Des dessins aux proportions douteuses, aux couleurs criardes, qui semblent tout droit sortis d'un catalogue des années 70. Je suis sûr que certains enfants ont développé des troubles de la vision à cause de ça. (C'est une blague, hein! Enfin, j'espère...)

Sans parler de l'angoisse de la prononciation! Prononcer correctement le son "R" quand on a 5 ans, c'est un peu comme essayer de faire décoller une fusée avec un sèche-cheveux. C'est possible, mais c'est long, douloureux, et ça finit souvent en larmes.
Mais au-delà des difficultés, le Cahier de Sons était aussi une occasion d'apprendre, de progresser, et surtout, de se rendre compte que le monde des adultes était un endroit étrange et impénétrable, rempli de règles bizarres et d'exercices absurdes. Une excellente préparation à la vie, en somme!
Alors, la prochaine fois que vous croisez un ancien élève de GS qui a l'air un peu traumatisé, demandez-lui si vous pouvez jeter un coup d'œil à son vieux Cahier de Sons. Vous pourriez être surpris de ce que vous y découvrirez. Et surtout, n'oubliez pas : "A" comme avion, "B" comme ballon... et "C" comme... Cauchemar! (Non, je plaisante! "C" comme Cahier, bien sûr!).
