Comment Faire Son Pain Maison Aux Céréales Mixe

Bon, alors voilà. L'autre jour, j'ai décidé que j'allais faire mon pain. Pas n'importe quel pain, hein. Du pain aux céréales. Du pain aux céréales mixées, pour être précis. Pourquoi ? Parce que je suis comme ça. Un peu folle. Et parce que j'avais un fond de sac de céréales qui traînait, un mélange bizarre offert par Tante Gertrude, dont personne ne voulait vraiment. (Tante Gertrude a toujours des idées...discutables).
J'ai commencé par chercher une recette. Sur internet, bien sûr. J'ai tapé "Comment faire son pain maison aux céréales mixées" et là, c'était l'avalanche. Des recettes plus compliquées les unes que les autres, avec des termes techniques que je ne comprenais absolument pas. Gluten ? Hydratation ? Levain chef ? J'avais l'impression de lire un manuel de chimie quantique, et tout ça pour une simple miche !
J'ai fini par en trouver une, un peu plus simple, qui promettait d'être "facile et rapide". (Spoiler alert: ni l'un, ni l'autre). J'ai réuni les ingrédients: farine (forcément), eau (logique), levure (ouf, je savais ce que c'était) et les fameuses céréales de Tante Gertrude. Un mélange de quinoa, d'épeautre, de graines de lin et, je crois, de morceaux de carottes séchées. Le genre de truc qui vous fait vous demander si Tante Gertrude n'a pas juste vidé son placard à oiseaux...
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La recette disait de mélanger la farine et l'eau. Facile, non ? Eh bien, figurez-vous que non. J'ai commencé à touiller, et au bout de cinq minutes, j'avais une espèce de pâte gluante et informe qui ressemblait plus à du chewing-gum mâché qu'à une pâte à pain. J'ai rajouté de la farine. Beaucoup de farine. Tellement de farine que j'avais l'impression de créer un nouveau désert dans ma cuisine.
L'épreuve de la Levure
Ensuite, venait l'étape de la levure. La recette disait "diluer la levure dans un peu d'eau tiède". Ok. Sauf que, évidemment, l'eau était trop chaude. J'ai vu la levure mourir en direct, se transformer en une espèce de bouillie grisâtre. J'ai juré (un peu), puis j'ai recommencé avec de l'eau plus froide. Cette fois, ça a marché. La levure s'est mise à mousser, fière de son effet. Elle avait l'air de me dire "Voilà, tu vois ? Je sais faire, moi !".

Le Pétrissage, une affaire de muscles... et de patience
Après, il fallait pétrir. Pétrir, pétrir, pétrir. La recette disait "pétrir pendant 10 minutes". Dix minutes qui se sont transformées en une éternité. J'avais l'impression de me battre avec une pieuvre géante. La pâte collait, s'étirait, se rebellait. Mes bras hurlaient à l'aide. J'ai fini par transpirer comme un coureur de marathon, mais j'ai tenu bon. (Je suis têtue, comme Tante Gertrude, finalement).
Enfin, la pâte avait l'air à peu près correcte. Je l'ai mise dans un saladier, recouverte d'un torchon, et laissée reposer "dans un endroit chaud". Mon endroit chaud, c'était le four, légèrement chauffé. Au bout d'une heure, j'ai regardé. Rien. La pâte n'avait pas bougé d'un iota. J'ai paniqué. Est-ce que ma levure avait encore rendu l'âme ? Est-ce que j'allais devoir manger du pain plat pour le reste de ma vie ?
J'ai attendu encore une heure. Et là, miracle ! La pâte avait gonflé. Pas énormément, mais suffisamment pour que je puisse me dire que, peut-être, il y avait encore de l'espoir.

La Cuisson, le moment de vérité
J'ai enfourné la pâte, préchauffée à 200°C. Et j'ai attendu. L'odeur du pain qui cuit, c'est quand même quelque chose de magique. Ça embaume toute la maison, ça vous rappelle votre enfance, les goûters chez votre grand-mère... Bref, c'est réconfortant.
Après 45 minutes, j'ai sorti le pain du four. Il était magnifique. Doré, croustillant, avec une odeur à tomber par terre. J'étais fière. Fière comme si j'avais inventé le vaccin contre le rhume. J'ai attendu qu'il refroidisse (en me brûlant un peu les doigts au passage, il faut bien l'avouer), et je l'ai tranché.

Et là... la déception. L'intérieur du pain était dense, compact, un peu caoutchouteux. Pas du tout comme sur les photos des recettes internet. Mais bon, il était mangeable. Et surtout, il avait le goût des céréales de Tante Gertrude. Un goût... particulier. Disons que ce n'était pas le meilleur pain que j'aie jamais mangé. Mais c'était mon pain. Fait avec mes mains, ma sueur, et une bonne dose de patience (et d'un peu de folie, il faut bien le dire).
La prochaine fois, je crois que je me contenterai d'acheter mon pain à la boulangerie. Ou alors, j'appellerai Tante Gertrude pour qu'elle me donne sa recette secrète. Qui sait, peut-être qu'elle a une astuce pour que le pain soit vraiment bon. Ou peut-être pas. Dans tous les cas, ce sera une aventure.
Moralité de l'histoire: faire son pain maison, c'est comme la vie. C'est plein d'imprévus, de ratés, de moments de joie et de moments de découragement. Mais au final, on en retire toujours quelque chose. Et puis, au moins, on a une bonne histoire à raconter. Même si le pain est un peu raté. (Et surtout si le pain est un peu raté!). Alors, à vos farines! Qui sait, peut-être que votre pain aux céréales mixées sera un chef-d'œuvre. Et si ce n'est pas le cas, au moins, vous aurez bien ri. Et ça, ça n'a pas de prix.
