Page De Garde Chants Et Comptines

Ah, la page de garde de notre cahier de chants et comptines! C'est un peu comme la couverture d'un album de notre enfance, mais en version "fait maison" et souvent, soyons honnêtes, un peu chaotique.
On s'en souvient tous, non? Cette feuille, généralement A4, qui trône fièrement au début du cahier, annonçant le contenu magique (ou pas si magique, si on détestait les comptines sur le pont d'Avignon) qu'elle renferme.
Pour moi, c'était un peu comme le rideau qui se lève sur un spectacle. Un spectacle de "Pirouette Cacahuète" version karaoké familial, ou d'un cours de musique où "Frère Jacques" résonnait jusqu'à la cour de récré. Que de souvenirs!
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Mais parlons-en, de cette page! Qui n'a pas passé des heures à la décorer? À 7 ans, c'était limite un projet d'état! On sortait les feutres (les vrais, pas ceux qui étaient déjà à moitié secs), les crayons de couleur, parfois même les paillettes! (Le cauchemar des parents, mais le bonheur des enfants!).
Et le dessin? Souvent, c'était un mix entre un soleil qui sourit (l'indémodable), une fleur plus ou moins identifiable, et le titre "Chants et Comptines" écrit en lettres capitales tremblotantes. Si on était particulièrement doué (ou si maman aidait un peu trop, soyons francs), on pouvait même tenter une portée musicale gribouillée avec une clé de sol approximative.

Le Titre: Un Défi Artistique
Le titre, parlons-en! C'était LE moment crucial. Fallait-il utiliser des lettres gothiques (si on avait une âme d'artiste torturé), des lettres rondes et joyeuses (si on préférait une approche plus enfantine), ou carrément imiter l'écriture de la maîtresse? Un vrai dilemme!
Et puis, il y avait la question de la police de caractère (enfin, la police de caractère... à 7 ans, on appelait ça "la façon d'écrire"). On imitait parfois les affiches de films (pour un côté plus dramatique) ou les couvertures de nos BD préférées (pour un effet "wahou").

Souvent, le résultat final ressemblait à un collage improbable de styles différents, mais qu'importe! C'était NOTRE page de garde, et on en était fier comme Artaban!
Les Petits Détails qui Font la Différence
N'oublions pas les détails! Les petits autocollants (si on avait la chance d'en avoir), les confettis (qui finissaient invariablement collés partout sauf sur la page), les dessins faits à la chaîne pendant les cours ennuyeux et opportunément recyclés... Tout était bon pour personnaliser cette œuvre d'art.

On y laissait parfois même des traces de nos goûters (une tache de chocolat par-ci, une miette de gâteau par-là). C'était un peu comme signer notre passage dans le monde des comptines.
Parfois, avec le recul, on se dit que cette page de garde était un peu kitsch, un peu naïve, un peu... comment dire... bordélique? Mais c'est justement ce qui la rendait unique et attachante. C'était un reflet de notre âme d'enfant, de notre créativité débridée, et de notre amour (plus ou moins avoué) pour les chants et comptines.
Alors, la prochaine fois que vous tomberez sur un vieux cahier de chants et comptines oublié au fond d'un carton, prenez le temps d'admirer la page de garde. Vous y retrouverez sans doute un peu de votre enfance, et peut-être même un sourire en coin.
